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Le petit mot des auteures

Nous devons beaucoup à Haim Ginott. Il nous a donné des compétences pour être davantage utiles à nos enfants, ainsi que des moyens pour nous aider à être plus généreuses envers nous-mêmes. Nous ne pourrons jamais lui rendre. Toutefois, ce que nous pouvons faire, c’est transcrire notre expérience et la partager avec d’autres parents, en espérant qu’ils en retirent une certaine utilité.” –  Adele Faber et Elaine Mazlish

À l’origine : deux mères de familles…

Adele Faber

Adele Faber

Mère de famille et co-auteure de l'approche Parler/Écouter

Américaine, diplômée du « Queens College » en art dramatique, Adele Faber a obtenu une maîtrise en éducation de l’Université de New York. Elle a ensuite enseigné dans le «New York City High School System». Née en 1928, elle continue son œuvre aux côtés de sa fille, Joanna Faber. 

En tant que mères de famille, Adele Faber et Elaine Mazlish ont été enchantées par les résultats obtenus à la suite de leur participation aux conférences du Dr. Haim Ginott dans les années 60. Elles ont donc eu l’idée de présenter ces outils à d’autres parents sous forme d’ateliers et de livres. Leur premier ouvrage, “Liberated Parents, Liberated Children” (traduit en français sous le titre “Parents épanouis, enfants épanouis : Votre guide pour une famille plus heureuse”) a reçu le Prix Christopher du fait qu’il « affirme les plus hautes valeurs de l’esprit humain ».

Leur fameux “How To Talk So Kids Will Listen & Listen So Kids Will Talk” (traduit en français sous le titre : “Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent”) leur a valu plusieurs prix prestigieux et a été traduit en de nombreuses langues.

Leurs guides d’animation, accompagnés de cahiers de travail pour participants, ont été conçus afin de faciliter la transmission de ces enseignements. Présentés sous forme d’ateliers de groupe, ceux-ci mettent les habiletés préconisées à la portée de tous.

Les livres d’Adele et d’Elaine, ainsi que le matériel d’animation, ont tous été traduits* en français par Roseline Roy et sont aujourd’hui édités par Aux Éditions du Phare (A.E.P.). Ils ont profondément contribué à l’amélioration de la vie de famille de millions de parents et d’enfants à travers le monde. 

*À l’exception de “Parler pour que les ados écoutent, écouter pour que les ados parlent”, traduit par Pierre Dion.

Elaine Mazlish

Elaine Mazlish

Mère de famille et co-auteure de l'approche Parler/Écouter

Elaine Mazlish est diplômée de l’Université de New York en sciences et en art dramatique.  Elle a dirigé des programmes éducatifs pour enfants pour les établissements «Grosvenor» et «Lenox Hill». Elle est décédée en 2017 à l’âge de 92 ans.

L’approche Parler/Écouter…

Entretien avec Roseline Roy, traductrice des ouvrages en français – par Hervé Schulz.

— On n’apprend en aucune façon aux parents à élever leurs enfants mais on leur donne des outils pour communiquer avec eux. —

Sur quoi repose l'approche des relations entre parents et enfants que vous présentez ?

On met beaucoup l’accent sur l’écoute des sentiments. Pour que les enfants se comportent bien, il faut qu’ils se sentent bien. Cette approche – qu’on a appelée Parler/Écouter ou Faber-Mazlish – est un ensemble de principes, d’habiletés. On n’apprend en aucune façon aux parents à élever leurs enfants mais on leur donne des outils pour communiquer avec eux.

Souvent la communication bloque dès les premiers mots. Par exemple, votre enfant rentre fâché à la maison, en expliquant que le prof de gym n’a pas voulu qu’il participe à la séance parce qu’il avait oublié son short. Au lieu de lui dire : « Tu vois, tu oublies tout le temps tes affaires », on lui dira : « Ça t’a déçu, ton cours de gym c’est important pour toi ». Or, plutôt que de nommer les sentiments de l’ado, on est souvent dans leur négation, ce qui fait que l’enfant se bute, se plaint d’être incompris.

La première étape est donc d’apprendre à mettre des mots sur les sentiments de l’autre. On le fait à travers des jeux de rôle, des mises en situation, c’est très ludique. Ensuite, d’autres habiletés nous aident à amener les enfants à coopérer. Ce n’est pas l’obéissance qu’on vise, mais leur collaboration. Par exemple, au lieu de dire à l’enfant : « Tu as encore laissé tes baskets devant la porte », on va dire simplement : « Tes baskets », ou : « Tes baskets sont devant la porte ». Ça a l’air simpliste, mais l’enfant peut savoir lui-même quoi faire. Or on est souvent dans les accusations, ou même le dénigrement, ce qui ferme petit à petit la communication entre les enfants et les adultes.

La communication parents/enfants est-elle plus difficile aujourd'hui qu'autrefois ?

Je dirais plutôt qu’aujourd’hui on est davantage conscient de l’impact de nos mots, on est plus axé sur la bienveillance ; on est conscient des difficultés des générations passées et on ne veut pas les reproduire. L’approche dont je parle a été lancée dans les années 80. Le livre « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent » figure dans la liste des best-sellers du New York Times depuis 33 ans : du jamais vu ! C’est une approche bien connue dans le monde anglophone. Je l’ai traduite en français, et elle est de plus en plus populaire dans les pays francophones. Mais l’approche a été traduite dans une quarantaine de langues.

Cet outil développé par des américaines est-il compatible avec d'autres cultures ?

Quand on est dans l’écoute des sentiments, on est dans l’humain. Les humains se ressemblent partout sur la planète. Les exemples changent ici et là, mais moi qui parcours la planète, je suis frappée de voir combien les problèmes dans les relations adultes/enfants se ressemblent partout.

Les notions d'obéissance et de punition ne semblent pas faire partie de l'approche dont vous faites la promotion. Cela signifie-t-il qu'elles sont totalement à proscrire ou gardent-elles un rôle, même marginal ou épisodique ?

On a des moyens beaucoup plus efficaces que la punition, la soumission, la peur… lesquels ne fonctionnent pas, n’atteignent pas le but recherché. Ce qu’on veut dans l’approche, c’est amener les enfants à s’autodiscipliner. On nous traite souvent de bisounours ; mais je dirais que c’est une façon de faire qui est à la fois ferme et aimante. Il ne s’agit pas de laisser les enfants nous marcher sur les pieds, d’en faire des enfants rois ; on est vraiment dans le respect mutuel, la communication respectueuse.

Quand je dis à l’enfant que je suis fâchée, je le ressens vraiment et je l’exprime. Quand l’enfant fait des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, je ne le laisse pas faire. Mais ma façon de lui exprimer ce que j’ai à lui dire va tenir compte du fait que c’est une personne humaine, qui a droit à l’erreur. Ensemble on va trouver des solutions pour corriger la situation.

On s’aperçoit d’ailleurs que l’enfant est rempli de ressources. Même avec des petits bouts de chou de trois ou quatre ans, on est toujours surpris de voir que les solutions qu’ils évoquent sont plus adaptées, parce qu’elles viennent d’eux. Ce sont des choses auxquelles on n’avait pas pensé. Mais c’est la même chose avec des ados, et avec des adultes, peu importe l’âge.

Au passage, j’ajouterais que des personnes à qui on apprend à se soumettre vont se soumettre à toutes sortes d’autorités et parfois à des autorités qui ne sont pas bienveillantes. On l’a vu avec l’Holocauste : le peuple allemand a appris à se soumettre et c’est comme ça qu’on a pu commettre des atrocités. La soumission, on l’a vu dans l’histoire humaine, peut vraiment aller jusqu’à des extrêmes.

Si la communication est respectueuse au sein de la famille, cela suffit-il à l'enfant pour résister aux défis ou aux carences du monde extérieur ?

C’est une question qu’on me pose souvent. Ce qu’on désire, c’est faire connaître l’approche dans tous ces milieux-là. Adele Faber et moi travaillons sur un guide pour les enseignants. La demande est très forte. Effectivement, quand on utilise ces outils-là à la maison, on aimerait que les enfants évoluent dans un monde où on les emploie aussi partout. Ce n’est pas évident mais ça avance petit à petit.

Déjà, en utilisant ces habiletés à la maison, cela forme des enfants qui ont confiance en eux et une meilleure estime d’eux-mêmes. Les outils qu’on leur donne les rendent capables de faire face au monde extérieur. Car lorsqu’on a une solide estime de soi, on est capable de s’autogérer, de se débrouiller dans à peu près n’importe quelle situation, de prendre des décisions qui sont dans le respect de l’autre.

Cette approche Parler/Écouter, la plupart des parents ne l'appliquent-ils pas déjà plus ou moins spontanément ? Est-ce vraiment nouveau ?

Ce qui est intéressant c’est qu’on apprend à distinguer entre ce qu’on dit et ce qu’on fait, entre ce qui est utile et ce qui ne l’est pas du tout. Effectivement, décrire les problèmes, parler de nos sentiments, on le fait déjà beaucoup. Sauf que c’est mélangé avec plein de « techniques » nuisibles dans les relations, comme les blâmes, les accusations, les sarcasmes… On apprend à distinguer ce qui va fonctionner, apporter du meilleur dans la relation, et ce qui va apporter du poison. C’est cette distinction qui est nouvelle.

— On emploie toutes sortes de petites techniques comme celle-là, pour désapprendre ce qu’on a appris, car on n’a pas été élevé de cette façon-là. —

La génération suivante : l’aventure continue !

Joanna Faber

Joanna Faber

Mère de famille et co-auteure

Fille d’Adele Faber, Joanna Faber a contribué au livre “Parler pour que les enfants apprennent, à la maison et à l’école” et a écrit le nouvel épilogue pour l’édition du 30ème anniversaire du livre “Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent”. Mère de trois enfants, elle fait des conférences et organise des ateliers sur la base du travail de sa mère et de ses expériences en tant que parent et enseignante.

Julie King

Julie King

Mère de famille et co-auteure

Julie King offre son soutien à des parents et des professionnels depuis 1995. Elle anime les ateliers “Parler pour que les enfants écoutent” dans les écoles et pour des groupes de parents. Elle a trois enfants et vit dans la région de San Francisco. Julie et Joanna sont amies depuis qu’elles ont respectivement six et dix mois.

Extrait de l’avant-propos par Adele Faber, dans leur livre “Parler pour que. les tout-petits écoutent”  : 

“J’ai eu le premier indice de la passion qui alimenterait la création de ce livre lors d’un de mes tours de covoiturage pour conduire Joanna et Julie à la maternelle.

[···] Les petites filles que j’ai conduites à la maternelle sont désormais adultes, mariées, et chacune est mère de trois enfants. Elles ont vécu à l’étranger et ont exploré différents domaines d’étude.

[···] Finalement, elles ont toutes deux répondu au besoin urgent d’animer des ateliers pour les parents dans leur partie du monde : Joanna sur la Côte Est et Julie sur la Côte Ouest des États-Unis. Des années après avoir aidé des parents, dont beaucoup avaient des enfants avec des défis très variés, elles ont décidé de joindre leurs forces pour écrire leur propre livre : “Parler pour que les tout-petits écoutent : Un guide de secours pour le quotidien avec des enfants de 2 à 7 ans”. Elaine et moi espérons que vous serez ravis et éclairés par toutes les découvertes que vous ferez en tournant les pages de ce livre.”

– Notre souhait est de créer une communauté d’adultes qui partagent leurs idées et se soutiennent dans notre tâche la plus importante : élever la prochaine génération – Joanna et Julie

Roseline Roy

Roseline Roy

Mère de famille et co-auteure de l'atelier "Parler pour que les enfants apprennent"

Roseline est mère de cinq enfants (tous devenus adultes maintenant !) et vit dans la province du Nouveau-Brunswick, au Canada. Elle est diplômée en éducation et en psychologie. Fondatrice de la maison d’édition Aux Éditions du Phare, elle est l’âme dirigeante et le moteur principal du projet de traduction, de publication et de diffusion des ouvrages d’Adele Faber et d’Elaine Mazlish

Avec son équipe, elle poursuit aujourd’hui  la traduction, publication et diffusion de l’approche Parler pour que les enfants écoutent au sein de la francophonie internationale, incluant désormais les publications de Joanna Faber.

Christine Dapvril

Christine Dapvril

Mère de famille et co-auteure de l'atelier "Parler pour que les enfants apprennent"

Christine, enseignante dans le secondaire pendant 25 ans, s’est formée à de nombreuses techniques pour accompagner les enfants en difficultés scolaires. Mère de quatre enfants, à la recherche de moyens pratiques pour soutenir les enseignants et les parents, elle a trouvé dans l’approche Parler/Écouter des habiletés pour transmettre aux enfants des valeurs de tolérance et de respect de l’autre et les motiver à réussir à l’école. Elle anime les ateliers Faber-Mazlish avec des parents et des enseignants depuis de nombreuses années.

Christine nous raconte : 

Dès que j’ai découvert les livres d’Adele Faber et Elaine Mazlish, j’ai compris que j’avais en mains un trésor. J’ai bien sûr commencé immédiatement à pratiquer les habiletés dans mon quotidien de maman et d’enseignante. J’ai été tellement enthousiasmée par les effets sur les enfants et sur moi-même que j’ai eu envie de créer un atelier pour enseignants.

Mise en relation avec Roseline, j’ai alors appris qu’elle avait aussi ce souhait depuis longtemps. Après de nombreux échanges de courriels, nous nous sommes rencontrées à Paris, lors d’une formation à l’animation des ateliers Faber-Mazlish. J’ai découvert une femme pleine d’enthousiasme et d’humour ! Animées par notre passion commune pour le matériel et fortes de nos expériences complémentaires, avec l’accord d’Adele Faber nous avons créé un nouvel atelier : Parler pour que les enfants apprennent.

Devant l’importance de la tâche, Adele puis Joanna Faber se sont jointes à nous. Grâce à cette précieuse collaboration, le résultat dépasse nos espérances ! Non seulement accessible en français et en anglais, il est fin prêt pour la traduction dans d’autres langues. 

Roseline et moi espérons que vous prendrez plaisir à cheminer avec les habiletés proposées lors de cet atelier. Comme déjà de nombreux enseignants et parents, nous souhaitons que vous puissiez vous réjouir de l’évolution de votre relation avec vos élèves et vos enfants, de l’évolution des relations entre eux, ainsi que de l’évolution de leur rapport à l’apprentissage.